MATHIEU BONARDET

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The Brutalist Ideal, 2017
Replis, 2016
Forces contraires, 2015
Cartographies intimes, 2015
Rien d'autre que... , 2015
La légende des... , 2014
Ruptures , 2014
Dans ma cellule... , 2014
Art protects , 2013
DNSAP (Ruptures), 2013
hasard d'ensembles, 2013
21 x 29,7, 2012
Palindromes, 2011
Comme elle vient, 2011
Open Studio, 2011
DNAP, 2011


galerie jean brolly

Forces contraires < >

2015 Forces contraires, du 17.10 au 21.11 à la galerie Jean Brolly (Paris)

Forces contraires, 2015,
visuel de l'exposition

Forces contraires, 2015,
vue d'ensemble

Forces contraires, 2015,
vue d'ensemble

Forces contraires, 2015,
vue d'ensemble

Forces contraires, 2015,
vue d'ensemble

Forces contraires, 2015,
vue d'ensemble

Forces contraires, 2015,
vue de la Vitrine

 

Forces contraires

La galerie Jean Brolly est heureuse de présenter la première exposition personnelle en France de Mathieu Bonardet. Intitulée Forces contraires, on retrouve parmi les oeuvres présentées toutes les problématiques de l’artiste liées au corps, à l’action, à la répétition du geste et aux limites du support ou de l’espace. Malgré la frénésie du geste, le résultat est emprunt d’une rigueur quasi minimale car déterminé préalablement par une logique mentale. La mine de graphite, omniprésente dans ses travaux, enregistre la trace d’un emballement corporel. Véritable mémoire d’une action, ces dessins performés évoquent indéniablement la notion de paysage et la relation de l’homme avec la nature.

 

Extrait du texte de Léa Bismuth pour la publication 50/52

Tentons de saisir la portée d’un geste, celui de l’artiste qui décide de déployer son corps dans son amplitude afin de le confronter à une limite. La limite peut-être celle de la bordure de la feuille, mais, plus symboliquement, elle est celle de l’horizon ou encore celle de l’oeil qui ne voit que ce qu’il peut voir, face à un grand Tout qu’il ne peut nommer.

Dans la pratique dessinée de l’artiste, tout est affaire de saturation et de relâche. Sans titre (diptyque), 2015, en témoigne par la saturation de la mine graphite – centrale, verticale, grise, presque noire – à partir de laquelle la lumière rayonne, comme depuis un centre aveugle et souterrain, caché dans les profondeurs de la feuille. À partir de ce rayonnement, le graphite se charge d’électricité, d’une force de concentration très resserrée, dont le seul but serait la dilatation, la dilution dans le blanc de la feuille. Comme deux aimants qui s’attirent ou se repoussent, la tension disparaît peu à peu pour laisser place à l’effacement, en une épure du geste devenu silencieux.

[...] Jusqu’où peut-on aller ? Jusqu’à quel point le corps peut-il se dépenser, déployer sa masse énergétique ? Jusqu’où l’amplitude du bras peut-elle porter la mine du crayon ? Mathieu Bonardet tente de répondre, dans des oeuvres à l’échelle de son corps à lui, pas si grand et costaud que ça, mais bien présent. Il affirme ainsi un corps investi de sentiments, de fluides, de souffles surtout, et capable de laisser des traces, de créer des lignes de fuite, des failles, de recouvrir ou de laisser vierge. L’oeuvre de Mathieu Bonardet se construit entre le rien et le plein, avec des forces contraires, soulignant sans cesse que la simplicité est une quête, que le geste est une éthique, que l’horizon prend du temps.

Léa Bismuth

 

Galerie Jean Brolly, 16 rue de Montmorency 75003 Paris // www.jeanbrolly.com